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Le temps, allié ou ennemi ?
Dans le concept même de garde à vue, c’est le temps qui est le principal acteur. Les autres variables, bruit, saleté, grossièreté, tutoiement, agressivité, manipulation, feront l’objet d’autres développements. Le temps est le maître de la situation. Brutalement, alors que vous avez un emploi, donc un emploi du temps, une vie organisée, donc des obligations, votre temps à vous est annihilé, seul compte le temps décidé par le policier. Vous avez le réflexe d’être inquiet de ne pas souscrire à vos obligations, et comme par hasard, on vous a retiré votre montre votre ceinture et vos lacets. Reclus dans une cellule en attendant qu’on vienne vous chercher pour vous interroger, votre notion du temps se dégrade considérablement, à moins que vous soyez un spécialiste de la question, genre spéléologue, coureur automobile, pilote de planeur ou plongeur en apnée. Le temps est votre première torture, et vous entendrez : « Si tu avoues tout de suite, on va gagner du temps et tu pourras aller chercher tes enfants à l’école… » « Tu auras encore le temps d’aller embaucher ….» Le pire, c’est que c’est vous qui allez donner les indications sur votre référence temporelle, par vos jérémiades « j’ai les enfants à aller chercher à l’école… »
Le conseil est pourtant évident : Ne donnez aucune piste de torture temporelle, essayez de dormir, de vous relaxer, inventez un jeu (combien de carreaux au sol, combien de mégots, combien de portes claquées, de sonneries de téléphone, etc.)
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